
Il y a quelques semaines est sorti le jeu Pandora’s tower sur Wii, un jeu développé par Ganbarion (les excellents, mais inédits en europe, Jump superstars et Jump Ultimate stars) pour Nintendo. Pandora’s tower est une sorte de chant du cygne pour la wii puisque Blah blah blah… Selon moi, Pandora’s tower est plus un manifeste de ce qu’aurait du être un jeu Wii.
Aeron kiffe Elena et Elena a un problème: Elle se change en monstre. Aeron a un problème aussi, il fait parti de l’armée adverse au pays d’Elena. Mais qu’importe, ils sont beaux, jeunes et maudits, ils s’enfuient après un incident, et, avec l’aide d’une vieille bizarre répondant au nom de Mavda, ils rejoignent la brèche, un lieu étrange entouré de 13 tours. Aeron va devoir visiter les 13 tours pour récupérer le coeur des maîtres de chacune d’elles, afin de les donner à manger à sa belle, ce qui donnera lieu à des scènes bien dégueulasses. Aeron et Elena (surtout Elena) ont immédiatement gagné le droit de rejoindre le top ten des personnages de jeux vidéo les plus souillés de l’histoire.

Elle a vraiment pas de chance.
Pandora’s tower est donc un jeu d’action aventure. Dans les faits, on se retrouve avec une sorte de Zelda-donjon. Il n’y a pas d’environnement extérieur où l’on se promène, simplement une série de donjons et un lieu de repos. Pandora’s Tower est un jeu à l’ancienne: linéaire, difficile, limité par un timer et livrant ses mécanismes dès le départ. Les caméras sont pré-calculées, ce qui, comme toujours, permet une plus grande immersion, au détriment d’une certaine précision dans les déplacements.
On se retrouve donc à explorer des donjons ayant chacun un fonctionnement, armé de son épée et d’une chaîne. Cette chaîne est au centre du gameplay puisqu’elle permet d’attraper, de lancer, de se déplacer, et j’en passe. Si l’essentiel du jeu fonctionne à l’aide des boutons du combo wiimote-nunchuk, la chaine se gère grâce aux fonctionnalités wii: viser avec le pointeur, utiliser en remuant (wiimote ou nunchuk selon l’effet souhaité) pour actionner. Simple et efficace, et parfois laborieux quand il s’agit de viser rapidement sous les assauts des ennemis. Comme pour Zelda, le gameplay est bien pensé, et s’il est plus simple que pour ce dernier, il montre les même limites en terme de confort de jeu.

PT est linéaire dans sa progression: on enchaîne les niveaux un par un, sans choisir lequel on souhaite boucler en premier, par la suite, il est possible de revenir dans les niveaux pour récupérer quelques trésors. Il est aussi possible de quitter à tout moment le niveau en cours, pour revenir à l’observatoire (lieu de repos) s’occuper d’Elena…
Car il faut s’occuper de sa moitié, ce qui explique le timer. Dès que Aeron entre dans une tour, Elena se met à dégénérer en un monstre dégoûtant. Il doit donc se dépêcher de lui apporter le coeur du maître des lieux qu’il visite. Au début c’est faisable, ensuite il faudra faire des allez-retours réguliers pour alimenter Elena en coeurs moins puissants, histoire de tenir le coup. Les niveaux sont designer dans ce sens et certains moments sont propices au retour à l’observatoire. Si vous jouez mal, vous devrez vous taper des couloirs, si vous jouez bien, les raccourcis se débloqueront aux bons moments. Ca fout la pression, surtout quand on attaque un boss sans avoir vérifié l’état d’Elena… Outre les coeurs, vous devrez lui faire des cadeaux, lui parler, lui demander de traduire quelques trucs… Bref, le quotidien, quoi…

Le jeu est difficile. C’est pas peu dire. Je viens de recommencer une séquence environ 4 fois. Les énigmes sont correctes, si vous avez déjà fait un Zelda, vous pigerez rapidement le fonctionnement des niveaux. Par contre, les ennemis, c’est une autre histoire. La moindre bestiole toute pourrie, est capable de vous tomber la moitié de la barre de vie, si vous n’utilisez pas correctement votre arsenal et vos esquives. Comme rien n’est gratuit, les potions sont rares. Certains objets se brisent quand vous prenez des dégâts, et certains monstres imposants, peuvent vous démonter rapidement et sont pour la plupart, bien armés, et résistants. Les chutes causent des dégâts, l’eau cause des dégâts, votre copine est obligée de manger des coeurs alors qu’elle est douce et végétarienne, elle se change en monstre alors qu’elle est trop mignonne, ça vous oblige à aller au charbon alors que vous avez l’air gentil comme tout et cadeau bonus, il y a une guerre qui se prépare entre vos deux pays, bref, l’univers est contre vous.
Pandora’s tower fait parti de ces jeux qui vous marquent. L’histoire, d’abord, si elle est simple, est d’une injustice totale. Le scénario en rajoute des louches, en s’attardant bien sur l’horreur de la transformation et le dégoût provoqué par le fait de devoir manger ces coeurs immondes. Le jeune couple est fou amoureux et la dévotion dont ils font preuve l’un pour l’autre est en parfaite opposition avec l’horreur de la situation. Quelques scènes de vie jalonnent le récit et renforcent l’attachement que l’on peut ressentir pour ces deux amoureux.

Le jeu n’est pas très beau.
Au chapitre des regrets, on peut affirmer sans se couvrir de griefs, que le jeu est moche. La wii n’est pas un foudre de guerre, mais là, on est en milieu de vie de la ps2. Le jeu tourne plutôt bien, sauf quand on zoom avec la chaine. Les niveaux sont plutôt ternes, et l’aliasing est omniprésent. Au délà de ce reproche récurrent pour cette console, on peut regretter aussi un manque de variété dans les musiques, même si elles sont plutôt sympas. Enfin, comme je l’ai dit plus haut, la maniabilité, plutôt correcte, est entachée par des imprécisions dues à la caméra pré-calculée et la difficulté à gérer les fonctions motion gaming en plein combat.

Les environnements sont plutôt ternes.
Malgré ces quelques soucis, le jeu est excellent. Les niveaux sont prenants et se complexifient à mesure que l’on avance. Les boss sont parfois un peu relou, mais souvent difficiles, l’aventure est soutenue et on se surprend à vouloir surmonter les difficultés pour sauver la jeune Elena. Bref, le jeu remplie son contrat. Il est regrettable qu’il n’y ait pas eu plus de jeux de cette envergure sur la Wii. Pandora’s Tower est certainement le dernier gros jeu de cette console. Snif!

Les boss sont gaillards, mais le jeu n’est pas beau.