Archives de la Catégorie Ecran Géant

Moonrise kingdom – Wes Anderson


Date de sortie: 16 mai 2012 (1h 34min)
Réalisé par: Wes Anderson
Avec: Bruce Willis, Edward Norton, Bill Murray plus
Genre: Comédie, Drame
Nationalité: Américain

C’est un fait, j’attends chaque nouveau film de Wes Anderson avec ferveur. J’adore son travail, et “The Darjeeling limited” son dernier film live, avait placé la barre très haute. Je vais donc faire la critique de son nouveau film, mais je vais faire court, car il se pourrait que je ne sois pas très objectif.

Moonrise Kingdom se déroule dans les années 60, et nous conte la fugue de Sam et Suzy, deux enfants de 12 ans. L’action se passe sur une ile au large de la Nouvelle Angleterre, trois jours avant l’arrivée d’une tempête monstrueuse. Sam est scout et Suzy habite sur l’ile, du coup, les parents de cette dernière et la troupe scout de Sam, se mettent à leur recherche, aidé par le flic du coin.

Quel plaisir de retrouver ce réalisateur à part. Sa patte nous saute au visage immédiatement. On retrouve le charme rétro de son image, l’ambiance si particulière, la musique old school,  la narration toujours inventive et l’élégance de son cadrage. Le film enchaîne les sophistications de caméra propre au réalisateur (travelling, plans-séquences, zoom, split screen), si bien qu’on se retrouve rapidement à la maison.

Comme toujours, le casting est en or: Edward Norton en chef scout pourrait représenter l’unique raison d’aller voir ce film. Bruce Willis est fragile et malheureux, Bill Murray est Bill Murray, Tilda Swinton est horripilante, Frances McDormand est fabuleuse, Jason Shwartzman est culte, et les enfants qui peuplent ce film sont tous excellents!

Comme à l’accoutumée, le film jongle entre un humour plutôt fin et quelques passages suscitant l’émotion. Il se dégage de ce récit, une certaine naïveté surréaliste, qui fait qu’on se laisse rapidement porter par l’histoire. Moonrise Kingdom est un concentré de bonne humeur dont le seul défaut serait d’être trop court!


De Rouille et d’Os

L’histoire : De rouille et d’os c’est la rencontre entre Ali, père absent et maladroit, sans domicile venant s’installer à Antibes et Stéphanie, dresseuse d’orques récemment mutilée. Ce sont deux mondes qui s’affrontent, deux êtres qui se découvrent, deux âmes qui vont s’aider, sans compassion, sans pitié, la force brute d’Ali pour tirer Stéphanie de la noirceur qui l’entoure.  
De rouille et d'os Aff
J’avoue avoir eu du mal pour commencer cette critique tant De rouille et d’os est un film intense et incroyable.  De rouille et d'os1
Ce nouveau film de Jacques Audiard rassemble Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts (Bullhead) mais également Corinne Masiero (Louise Wimmer) et Armand Verdure. Des acteurs formidables : Matthias Schoenaerts y est puissant, brut, tout en muscles, une sorte de force surhumaine dont l’incroyable musculature offre une protection fascinante. Marion Cotillard, magnifique, impressionnante, le regard éteint, pâle, bouleversante, tellement belle qu’à chaque fois qu’elle était à l’écran, ça me donnait envie de pleurer. 
Un coup de fil en plein milieu de la nuit va réunir Stéphanie et Ali, simplement. La rencontre est réellement touchante tout en étant terriblement naturelle, sincère. 
De rouille et d’os est très, très bien filmé, Jacques Audiard maîtrise la lumière, les cadrages sont hyper travaillés. La photo est tout simplement superbe, de la mer à la neige… à cette glace qui au premier instant, apparaît dangereuse et révèle, dans le drame, la fragilité d’Ali.
De rouille et d'os2Ce dernier film de Jacques Audiard est terriblement complexe tant il suscite d’émotions différentes. J’avais la chair de poule ou presque tout le long, c’est un film dans lequel on a envie de rester à la fin…

C’est à la fois doux et rugueux, puissant et fragile, les combats de free fight dégagent une animalité exacerbée et les scènes d’amour entre Ali et Stéphanie sont incroyablement belles, délicates. On se sent porté par la renaissance de Stéphanie, ses premiers instants dans l’eau, son regard qui, de nouveau, s’illumine. On pourrait pleurer mais c’est tellement mieux que ça, tellement mieux qu’un drame filmé, tellement plus, c’est trash et pudique, intense, poignant, sublime et drôle parfois. La musique colle au récit de façon hallucinante, elle appuie les images, les renforce, les complète. C’est dynamique et pas larmoyant, c’est aussi lumineux ; il y a de l’émotion, la vraie, celle qui fait mal en même temps qu’elle subjugue.

De rouille et d'os


The avengers – Joss Whedon

Voilà plusieurs années que les studios Marvel oeuvrent pour préparer l’arrivée de ce film. Depuis Iron Man, les films se succèdent et préparent l’apparition de la super équipe la plus célèbre de l’univers Marvel. Un projet casse gueule tant il faut consilier les grandes figures, les égos, la puissance des personnages, et une intrigue qui passe au cinéma.

Le shield est face à une situation de crise: Loki, frère de Thor a volé le cube cosmique, et prépare une invasion massive de la terre. Nick Fury lance la phase active de son plan Avengers et réunit Captain America, Thor, Iron Man, la veuve noire, oeil de Faucon et Bruce Banner. Il va falloir que ces fortes têtes s’unissent et forment une équipe…

Alors le pitch semble bas du front, mais détrompez-vous, le film est assez malin. Inutile de dire que si vous n’aimez pas le délire “super héros”, vous pouvez passer votre chemin, Whedon n’essaye pas de nous livrer un film réaliste ou crédible, il ne vise pas un public d’allergiques comme pourrait le faire le Batman de Nolan. Ici on a des mecs surpuissants qui donnent tout ce qu’ils ont, dans un univers fantasmé, à la technologie ultra avancée. On retrouve beaucoup du feeling du Authority de Ellis dans les combats surpuissants et l’aspect extraordinaire des actions des personnages.

Le film est bourré d’humour, Tony Stark est une fouille sans limite, et porte une bonne partie du film sur ses épaules, mais les autres personnages sont également mis en avant. La veuve noire est ultra efficace et sexy, oeil de faucon est excellent, Captain America est un tacticien et un combattant hors pair, totalement dépassé par l’époque dans laquelle il est précipité. Thor, contrairement à sa prestation en demi-teinte dans son film éponyme, est monstrueux de puissance, quand à Hulk, il est le pilier du film. La sauce autour de Banner/Hulk monte durant la première moitié du film de façon absolument exquise et lorsqu’il explose vraiment… C’est absolument jouissif.

Au chapitre des défauts, il faut citer deux ou trois trucs un peu gênants: le masque de Captain America, le costume intégral de Loki, deux trois effets moches, et quelques petites longueurs sur le vaisseau du Shield, mais rien qui puisse entacher le plaisir. Encore une fois, si le principe vous semble ridicule, si les discussions autour de concepts cosmiques et les héros surpuissants vous épuisent, ce film n’est clairement pas pour vous. Avengers, ça envoie du gros, c’est gras, c’est du fun, c’est de l’action et des super-pouvoirs, c’est n’importe quoi!

Un film malin donc, qui distille entre les scènes d’actions époustouflantes, des passages de comédie bien foutus, et des séquences d’intrigue plutôt bien ficelées. Un vrai film de super-héros avec une menace digne de ce nom, des batailles épiques, de la destruction qui se chiffre en milliards de dollars,  une résolution du conflit comme seul un comic-book qui déborde de personnages surpuissants peut en délivrer et surtout, l’annonce d’une menace encore plus énorme pour la suite, car, n’en doutez pas, il y aura une suite.


Sur la piste du Marsupilami – Alain Chabat

Date de sortie: 4 avril 2012 (1h 45min)
Réalisé par: Alain Chabat
Avec: Jamel Debbouze, Alain Chabat, Fred Testot…

Alain Chabat revient sur une adaptation bd, après Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre. Toujours accompagné de Jamel, Chabat nous emmène donc, sur la piste du Marsupilami, animal légendaire, créé par Franquin dans les pages de sa série, Spirou & Fantasio.

Dan Geraldo est un reporter qui n’a plus tellement le vent en poupe. Ses supérieurs l’obligent à repartir en Palombie, réaliser un reportage, afin de renouer avec le succés de ses débuts. Son contact local est Pablito, un roublard de première, menacé par un gang,  pote des animaux et obsédé par sa rencontre avec le Marsupilami, un animal qui n’est pas sensé exister, mais qui n’existe.

Ce film a nourri beaucoup d’attentes de ma part: Alain Chabat est une légende de l’humour et j’ai grandi en regardant les nuls à Canal +, le marsupilami est une création de Franquin, auteur qui a bercé lui-aussi mon enfance et que je continue à apprécier, et la précédente incursion d’Alain Chabat dans le monde de la bd, avait accouché du surpuissant Astérix & Obélix: Mission Cléopâtre, déjà avec Jamel. Bref, j’en attendais beaucoup, peut être trop.

Rapidement on retrouve la patte Chabat, un rythme bien à lui, une direction d’acteurs particulière, et un ton assez délirant. Les personnages (principaux comme secondaires) sont hauts en couleurs, le film marie assez bien la comédie et l’aventure, et les effets spéciaux sont plutôt bien foutus (surtout le marsupilami, craquant).

Mais alors où est le problème? Et bien le film n’arrive pas à trouver son équilibre de ton. On passe d’une blague géniale à une vanne raz les pâquerettes. Attention! Pas la mauvaise vanne des nuls, celle qui fout un gros blanc et qui fait partie du délire, non, ici on parle du mauvais gag pour les moins de 2 ans, qui fait que les gens dans la salle se regardent en se demandant si le scénariste ne s’est pas trompé de public. On passe donc la totalité du film à naviguer entre des moments de poilade ultime (Lambert Wilson, magique), et des scènes de lose totale (la danse des payas, la voix du géant, toutes les scènes avec des enfants…).

 En voulant concilier tout le monde, en voulant créer un spectacle pour toute la famille, Alain Chabat a accouché d’un film un peu bancal, à mi-chemin entre Astérix et Dora l’exploratrice… Un film très agréable, mais plombé par quelques scènes bien nases.


Young Adult – Jason Reitman

Date de sortie: 28 mars 2012 (1h 33min)
Réalisé par: Jason Reitman
Avec: Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson
Genre: Drame, Comédie

Jason Reitman est de retour pour son quatrième film. Si l’on excepte Juno et son incroyable puissance positive, on peut caractériser le cinéma de Reitman par un mot: grinçant. L’ami Jason s’amuse à nous dresser un portrait de l’homme au vitriol et souligne au marqueur noir les bassesses des gens. Young Adult ne fait pas exception à cette règle et c’est avec une cruauté sans limite que le réalisateur nous propose cette comédie dramatique.

Mavis Gary est un déchet. Il ne faut pas plus de deux scènes pour s’en persuader. Sa vie à Minéapolis est creuse, son boulot ne semble pas la passionner outre-mesure, et elle passe le plus clair de son temps à se coller des mines avant de comater devant des émissions de télé-réalité débiles. C’est pourtant une femme splendide et intelligente, mais elle n’a pas évolué depuis ses 17 ans. Lorsqu’elle reçoit des nouvelles de son ancien amour de jeunesse, elle est persuadée qu’il s’agit d’un appel à l’aide de sa part, et elle décide de retourner dans la petite ville paumée qui l’a vue grandir. Une ville qu’elle déteste. Sur place, rien ne va se dérouler comme elle le croyait.

Avec ce nouveau film, Jason Reitman nous confronte à la personne la plus détestable de la terre: l’ultra populaire qui a pourri ta scolarité. Si vous trouvez cette personne cool, c’est que vous êtes vous-même cette personne. Elle cumule tout les défauts qu’il est possible d’avoir, et les enferme dans la peau d’une belle personne qui semble avoir tout réussi. Quand on creuse un peu, on se rend compte que rien ne va.

Charlize Theron porte le film à bout de bras. Elle est extraordinaire. Elle réussit, en même temps, à respirer la dépression et la confiance aveugle en ses capacités. Elle est entourée d’un nombre réduit (mais de qualité) de personnages secondaires, un gros geek handicapé (Patton Oswalt) qui va rapidement lui servir de confident, et son ancien amour, Buddy Slade (Patrick Wilson, vu dans watchmen et hard candy) qu’elle est venue chercher dans l’espoir de recoller les morceaux.

Comme les précédents films de Reitman, Young adult est grinçant, méchant, drôle, mais pas que. On se surprend à avoir de la pitié pour Mavis, alors qu’elle n’a rien qui peut la sauver. C’est le regard de Reitman qui rend cette situation dramatique presque drôle. On observe une personne en détresse se débattre dans une situation qui ne peut que la conduire droit dans le mur, et même si la tragédie n’est jamais loin, on continue de se moquer.

En conclusion, si vous avez aimé les films précédents de ce réalisateur, et si vous avez vous aussi été brimé plus jeune, vous vous retrouverez dans ce film que je vous conseille vivement.


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