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Les Princes Noirs de la Toile

Maintenant que je suis une femme d’affaires, chef d’entreprise (^^), je me suis mise à lire Challenges – ben oui, il faut au moins ça !
Plus sérieusement, j’ai acheté ce numéro pour sa Une « Les Princes Noirs de la Net Economie : comment les patrons de Facebook, Google, Amazon, WikiLeaks… transgressent les règles »
Un dossier de plusieurs pages décryptant les bad guys de la toile et principalement le fondateur de Facebook en 9 points, rangés en plusieurs catégories : les profiteurs, les prédateurs, les voyeurs, les pilleurs. Et ce que je peux vous dire, c’est qu’on en apprend des belles ! 
Vous serez par exemple ravis de savoir que lorsque Google a photographié toutes les rues du monde, a, en même temps (et comme par hasard), « aspiré » toutes les informations entrées sur les ordinateurs des habitants pour peu que le wifi ait été activé… adresses emails, numéros de compte, documents divers en ligne, et j’en passe. 
Ou que le PDG de Facebook voulait s’attribuer une licence perpétuelle qui lui aurait permis d’utiliser comme il le souhaitait toutes les données des utilisateurs. 
Les exemples s’enchaînent mais pas sans réflexion. Tous autant qu’ils sont bafouent le respect de la vie privée, maîtrisent les évasions fiscales, mettent à mal la presse et l’édition, et nous utilisent sans vergogne comme des pions sur l’échiquier du business. 
« Facebook n’est pas seulement une belle communion mondiale virtuelle, c’est une machine à cash d’une rapacité peu égalée. »*

On pourrait croire que je critique un outil dont je me sers énormément, ce n’est pas tant l’outil qui est dangereux mais l’utilisation abusive que des dirigeants peuvent en faire. Ceux qui me connaissent  savent à quel point je n’apprécie Facebook et son système et ce dossier me conforte dans mon avis. 
Dossier très intéressant au demeurant, à lire pour s’instruire et pour être conscient de toute ce qui se passe derrière notre écran.

*Challenges du 24 février au 2 mars 2011, p, 58 à 70


The social network – David Fincher

Voici donc le nouveau film de David Fincher, un film doublement attendu puisqu’il s’agit du fameux film sur Facebook.

On suit donc les créateurs de Facebook durant la période de gestation, de lancement et d’explosion du site communautaire. De fiesta en procès, de victoires en échecs, une bien belle histoire de fraternité.

Au programme donc, du nerd, du campus, des girls, de la trahison, des lignes de code et du business. Dès la première scène, on comprend qu’il s’agit d’un film bavard, très bavard, ça parle vite, on est inondé de jargon, tant informatique qu’estudiantin, et donc très rapidement on aborde le premier défaut du film: On est noyé sous un flot d’informations pas toujours très compréhensibles… Cela n’entrave pas la compréhension globale mais ça prend un peu la tête…

La première partie, selon moi, peine à trouver son souffle, ça avance doucement, ça manque d’intensité et ça s’agite beaucoup sans que ce soit vraiment captivant… La seconde partie est plus prenante, ça se tire dans les pattes, ça démonte, le personnage de Justin Timberlake est très intéressant et ajoute pas mal d’enjeux dans l’histoire.

Du coup il faut être patient pour vraiment apprécier le film, et se prendre dans l’histoire. Encore une fois, c’est toujours intéressant, mais pas toujours prenant…

Autrement, Fincher fait bien son boulot, c’est bien filmé, le montage alterne les époques et tout en maintenant une trame chronologique principale (et cohérente). La musique signée notamment par Trent Reznor (Monsieur Nine inch Nail) dépote vraiment, et tranche avec les productions dites de “film hollywoodien en quête d’oscars en masse”…

Au final donc, un film pas aussi ultime que ce qu’il en est dit dans la presse, la faute à un débit de parole vraiment conséquent, et un vocabulaire super spécifique… Malgré tout, Fincher à réussit son coup: Prouver, s’il en était encore nécessaire, que les Nerds dominent le monde. En réalisant ce film, il a pondu la plus grande ode au geek de l’histoire, le wall street du nerd, un film qui dit au vieux capitalisme: “vas te faire foutre, maintenant on fait comme nous on décide”… Un film enfin, qui s’adresse, selon moi, exclusivement aux geeks par son verbiage absolument fermé, mais qui va brasser un monde fou parce que, c’est Facebook…Les gens vont découvrir que leur drogue favorite n’est pas super clean… Bienvenue dans la finance, puisqu’au final, le geek à beau dire qu’il gère sa boite comme il veut, les vieux réflexes de loup reviennent rapidement.


Huis Clos sur le Net

Non ce n’est pas un nouveau
film d’angoisse à petit budget façon Traque sur Internet

C’est
le nom d’une opération menée par cinq journalistes consistant à vivre
reclus (de l’information) dans un gîte du Périgord avec pour seules
sources d’information les sites Facebook et Twitter.

Afin de vérifier
les informations qui circulent en permanence sur ces réseaux sociaux,
le loft de l’info aura pour but d’en tester la fiabilité.

Ordinateurs
vierges et configurés avec un accès restreint (Facebook, Twitter, le
blog de l’expérience), téléphones basiques, sans télévision ni radio,
Nicolas Willems de RTBF, Anne-Paule Martin de RSR, Nour-Eddine Zidane de
France Inter, Janic Tremblay de Radio Canada et Benjamin Muller de
France Info  nous raconte heure après heure ce qu’ils récoltent et
comment on vit avec une information continue « Mais je dois avouer que
moins de 24 heures après le début de l’expérience, je trouve aux
journaux, aux flashs radio et aux téléjournaux une savoureuse qualité.
Ils permettent au moins de dormir. » dixit Anne-Paule Martin.

Menée
jusqu’à vendredi, on se doute que ce genre d’expérience suscite tout
mon intérêt.

N’étant que très peu intéressé par Facebook et Twitter,
justement par leur manque de précision, je les visualise comme des
gigantesques fourre-tout internationaux, alors forcément on peut y
trouver de tout… du vrai, du faux, de l’inventé, du transformé,  et
quand on connaît la rapidité de la circulation de l’information et les
conséquences (éventuelles) d’une mauvaise information, je trouve ça
judicieux comme tentative.

Je suis très curieuse de voir quelles en
seront les conclusions.

Le blog : Huis Clos sur le Net
A suivre…


Pourquoi j’ai commencé Facebook, pourquoi j’ai arrêté et pourquoi je ne regrette ni l’un ni l’autre

Avant toute chose, je voulais préciser qu’il ne s’agit pas ici de dire qui a tort, qui a raison. Encore moins de décider ce qui est bien, de ce qui est mal. Il s’agit juste ici d’un avis personnel sur un phénomène qui concerne pas mal d’entre nous. C’est vrai, tout le monde y est inscrit, ou du moins, connaît le principe et j’ai donc pensé qu’il pouvait être intéressant d’en parler un peu ici, pour faire débat mais avant tout dans la joie et la bonne humeur.

Il y a six mois, peut-être plus, peut-être moins, j’ai commencé Facebook. Intriguée par l’affaire et poussée par des amis ou des simples connaissances qui y étaient déjà, je créé mon profil sans trop y réfléchir. J’ai tout de suite trouvé ça plus intéressant que Copains d’avant. Plus moderne, plus complexe, plus complet, aussi, Facebook, ça m’a avant tout paru super marrant. Oui, il m’en faut peu. Je me suis amusée à retrouver les gens, même de la famille, je me suis amusée à regarder leurs photos, à participer à des jeux débiles qui occupaient mon temps précieux. J’ai pris des nouvelles de gens qui étaient totalement sortis dans ma vie depuis plus de deux ans, j’en ai donné. J’ai mis des photos. J’ai changé souvent celle de mon profil. J’ai actualisé mon statut des dizaines de fois par semaine. Je me suis perdue sur les murs. J’ai écris pas mal de conneries. J’en ai lu encore plus.

C’était cool.

Sauf que je suis la reine des « oui mais » et des « en fait, pourquoi? » qui tombent comme ça, sans prévenir. Y a déjà quelques semaines je me suis donc demandé pourquoi.
A quoi Facebook me servait, si ce n’est à « espionner » les gens ?
Si ce n’est à créer un nouvel univers virtuel et, par définition, tout à fait fictif ?
Si ce n’est à me sentir blasée quand je voyais des gens passer du statut de célibataire à « en couple »?
Si ce n’est à voir toutes les supers soirées auxquelles machin participait et pas moi ?
Si ce n’est à entretenir des relations fausses avec des gens dont je n’avais plus rien à foutre, et inversement ?
J’ai soudain tout vu d’un sale œil. J’ai trouvé que c’était trop facile.

A ceux qui me disaient : oui mais c’est pratique pour garder contact avec des gens qui sont loin. Je dis ok. Passons le fait que le téléphone et les mails existent. Passons. J’avais dans mes contacts, par exemple, une connaissance qui est au Mexique pour un an. Ses photos et ses comptes rendus sont, grâce à Facebook, disponibles pour un maximum de monde, c’est simple et rapide. C’est pas faux.
Oui mais, moi j’suis pas au Mexique.
Oui mais moi, j’ai rien à montrer. Et à la rigueur, si c’était un vrai pote à moi, on trouverait toujours le moyen de se donner des nouvelles. Voir ses photos là dessus, ça ne servait à rien. C’était l’excuse mais ça ne m’apportait rien.Et passé les « salut-tu-vas-bien-t’es-où-tu-fais-quoi-maintenant? » et bien les relations sont rarement, je dis bien rarement, plus développées. Et donc rarement intéressantes.

Sur Facebook on se connecte pour tout le monde et pour personne en même temps. On donne à voir du vide en espérant se montrer profond. Et à ceux qui me diront que ça permet d’entretenir des délires perso avec ses vrais potes qu’on voit aussi dans la vraie vie, je dirais ok, mais finalement, Facebook ne reste qu’une annexe, et heureusement d’ailleurs, de l’amitié.Je ne regrette pas de m’y être inscrite. J’ai passé pas mal de temps dessus et je crache pas sur la chose. Je n’ai d’ailleurs pas regardé le numéro d’Envoyé spécial qui soulignait les « dangers » de Facebook. Je n’ai pas cédé à la psychose, mais à la lassitude.


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