Certains le savent, j’ai une passion pour Grant Morrison, ma passion est née durant la lecture de son passage sur les X-men. Je suis actuellement en train de relire cette période, et il m’a semblé intéressant de vous expliquer pourquoi cette époque est mythique.
Grant Morrison récupère la série x-men, et décide de partir aux antipodes de ce qui avait pu être fait auparavant. Exit les tenues
moulantes, il arrête avec les équipes étendues pour se recentrer sur
Wolverine, Cyclope, Jean-Grey, Emma Frost, le Fauve et Le professeur
Xavier, et surtout il développe des thèmes propres aux X-men, mais à sa
sauce: Expéditif, irrévérencieux, à contre-sens et le tout, sous poudré
d’une réflexion sous-jacente, pas forcement visible au premier coup d’œil…
Le début de la saga, voit arriver un personnage qui va avoir un impact immense dans l’univers des x-men, et dans l’univers marvel: Cassandra Nova. Elle va rythmer la série par ses actes, un génocide mutant dès le second numéros la disparition de Magneto, la remise en cause du bien fondé des actes de Xavier, la ruine de l’empire extra-terrestre Shiar (juste ça…).
Par la suite, les nouveautés ne s’arrêtent pas: L’arrivée de Xorn, peut être le personnage le plus énorme de l’univers Marvel (un mutant avec une étoile à la place de la tête), et son influence sur l’école pour mutant, et sur l’avenir des X-men… L’apparition du Kick, une drogue, qui replace d’emblée un thème cher à Morrison: Les psychotrope et leurs effets. Ici le Kick est une drogue décuplant les capacités mutant, mais aux effets secondaires plutôt dévastateurs. L’arrivée de la menace des U-men, groupuscule d’humains cherchant à s’accaparer les capacités mutants par la greffe. Et surtout un approfondissement des relations entre les personnages qui va aboutir à de gros changements.
Bref Grant Morrison fout un beau bordel, les jeunes mutants qui apparaissent dans ses pages sont loin d’être aussi glamours que les héros de la série, pour beaucoup, leurs pouvoirs sont de véritables handicaps. Tous Ces éléments rendent l’univers X moins propre. On est moins certain du bien fondé des actes de Xavier, il y a beaucoup de dissidence au sein de l’école, le couple Jean Grey/Scott summers en place depuis des décennies, bat désormais de l’aile, les personnages ont des problèmes très humains et les méchants sont sales et agissent sans prendre de gants.
A suivre, numéro par numéro, c’est un véritable plaisir, il y a de nombreuses péripétie, on découvre pas mal de nouveau personnages attachants, il se passe des évènements tellement énorme qu’on se demande comment le scénariste qui va passer derrière pourra s’en sortir, mais c’est lorsqu’on regarde l’œuvre dans sa globalité qu’on capte à quel point le délire est maitrisé et aboutie. En effet, lorsqu’on arrive au chapitre ” Planète X” on se dit que Morrison s’est décidément bien foutu de la gueule du monde en balançant des promesses en l’air et en faisant l’exact contraire, et s’il s’était arrêté là, on aurait pu être frustré, mais malgré ses tensions avec le responsable éditoriale de Marvel, l’ami Grant a quand même pondu un ultime chapitre: “Here come tomorrow” qui pour le coup est, excusez moi du terme, une putain de conclusion de tout. Le chapitre se déroule dans un futur plutôt lointain, rien ne se déroule comme on peut l’espérer, et on comprend surtout que tous les éléments développés durant les différents chapitres, et qui semblaient ne pas avoir de liens, se retrouvent noués ensemble pour ces quelques derniers numéros. On se rend compte aussi que le scénariste avait truffé son récit de sous-entendus (notamment autour du personnage de Jean-Grey, clé de voute de l’édifice, et du fauve), ce qui rend la relecture passionnante. Le final apocalyptique en laissa plus d’un sur le carreau, à commencer par les éditeurs eux-même, qui ne trouvèrent qu’une relance pure et simple de la série pour justifier la chose…
Le passage de Grant Morrison chez les x-men se fait encore sentir aujourd’hui, en effet le gros évènement House of M découle directement de ce qui s’est passé durant la période Morrison, et l’évènement X-men La fin, écrit par Claremont (le papa spirituel des X-men) est une suite directe de l’histoire de Grant Morrison, impliquant les agissements de Cassandra Nova, et le fait d’avoir lu cette période pour espérer y comprendre quelque chose…
Le pavé que représente cette histoire est disponible chez Panini dans la collection Marvel deluxe (3 tomes et demi puisque le dernier tome contient la transition inepte qu’a pondu Marvel après que Morrison lui ai dit merde.) ce qui fait que ce n’est pas donné, mais franchement, pour une fois, ça vaut le prix que ça coute…Le seul reproche que je peux faire à cette série, c’est que c’est souvent moche. Passé l’intro de Franck Quitely et l’annual de Leinil Yu, il faut attendre la fin de la série avec l’arrivée de Chris Bacchalo et Marc Silvestri, pour voir quelque chose de potable, mais ça contribue à l’ambiance générale pas nette de la série.
Bref lisez ce morceau d’histoire!!












