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La proie d'Eric Valette

L’histoire : Franck Adrien arrive à la fin de sa peine où la vie carcérale est tous les jours ponctuée de violence ; un soir, il sauve de l’agression son codétenu, Jean-Louis, emprisonné à tort pour le viol d’une jeune fille de 16 ans. Un peu malgré lui, Franck fait confiance à Jean-Louis, et lorsque celui doit sortir, il lui demande de jeter un œil sur sa femme et sa fille qui sont menacées par les anciens complices de Franck.
Quelques jours après, suite à la visite d’un capitaine de gendarmerie, Franck sent qu’il n’aurait pas dû accorder sa confiance et décide de s’évader.
Claire, meilleure inspecteur de sa brigade, est mise sur le coup pour l’arrêter. Mais de courses en découvertes, on se demande qui est le chasseur et qui sera la proie…

Ce film d’Eric Valette est un policier terriblement efficace où courses-poursuites bien dosées et révélations s’enchaînent. Le duo traqué/traqueuse de Dupontel et Alice Taglioni est vraiment très bon. On découvre Alice Taglioni dans un registre totalement différent et ça lui va plus que bien ! Dupontel est affuté, musclé, tranchant. Les seconds rôles de Sergi Lopez et Stéphane Debac, mielleux à souhait et affreusement pervers, sont excellents.
L’histoire m’a vraiment plu, ce braqueur qui s’évade pour protéger sa famille est peut-être un peu sentimentaliste mais elle fonctionne très bien. L’intrigue n’est pas vraiment cachée, on découvre assez rapidement ce qu’il en est, l’intérêt principal réside vraiment dans la traque : Franck qui cherche Jean-Louis, Claire qui court après Franck. On ne s’arrête pas une seconde et l’action se déroule de façon limpide. J’ai juste trouvé qu’il y avait quelques moments bizarres dans le scénario, on aurait dit qu’il manquait de temps pour tout expliquer et qu’il y a certains passages qui arrivent un peu de façon inattendue…
Eric Valette apporte une touche d’originalité dans la réalisation de ce polar rythmé, angles de caméra intéressants, caméra qui plonge dans les éléments pour en dévoiler le contenu, et la lumière de la scène finale est vraiment travaillée, irisée, satinée.

Le scénario n’est peut-être pas toujours le plus original qui soit, on a peut-être déjà vu quelque chose de semblant ailleurs, et tout n’est pas toujours crédible (après tout c’est un divertissement ^^) ; mais La proie n’en reste pas moins un excellent polar dans la veine de A bout portant (pour l’action) et de Contre-Enquête (pour l’histoire). Mais j’aime les personnages, surtout le couple de Jean-Louis et de sa femme, portée par une sorte de folie complémentaire très flippante.
source: Allocine.fr © StudioCanal


Level 26

Il
existe une échelle de dangerosité pour répartir les criminels : de
niveau 1 à 25, 1 étant le crime passionnel ou accidentel, 25 le crime
d’un psychopathe cruel.
Mais Sqweegel n’entre dans aucune
classification. Tellement terrible, tellement pervers que le niveau 26 a
été crée spécialement pour lui. Aucune frontière, aucun mode
opératoire, aucune victime ciblée, il tue n’importe qui, n’importe où,
n’importe comment mais toujours de façon très sadique et originale.

Ça c’est la mise en bouche du bouquin d’Anthony Zuiker et Duane Swierczynski
Si les deux noms ne vous sont pas inconnus, c’est parfaitement normal.
Anthony Zuiker est le créateur, scénariste et producteur de la série Les Experts et Duane Swierczynski est un auteur de policiers (The Blonde) et scénariste de Comics, connu pour ses collaborations avec Marvel.
Ce
livre, ou plutôt digilivre, présente une originalité : toutes les 20
pages environ, un mot de passe est donné au lecteur qui peut ainsi aller
regarder une vidéo en rapport avec ce qu’il vient de lire qui complète
l’histoire. Si on ne les regarde pas, on comprend quand même tout (sauf
la fin où la dernière vidéo est une des plus importantes). Et si on est
pris dans la lecture et qu’on a pas envie de s’arrêter, on peut très
bien regarder les vidéos un peu après (ce que j’ai parfois fait).
C’est un des intérêt que j’avais pour le livre. C’est nouveau et ça pousse à avancer dans l’histoire.
Le décor est posé.
Pour
lutter contre Sqweegel, un seul homme : Steve Dark, retiré des
affaires, en attente d’être papa et qui porte un nom qui lui va plutôt
bien.
C’est le schéma un peu classique, mais qui fonctionne toujours
très bien, du flic courant après le méchant. (bon là, ça va un peu
s’inverser et le méchant va finir par courir après le flic)
J’ai lu
des critiques très sévères pour ce livre qui ne mérite pas autant de
médisance. Certes, il y a des choses classiques mais l’écriture est très
fluide, on a toujours envie d’aller plus loin, d’en lire plus. Ce qui
est quand même un super bon point pour un thriller !
J’ai beaucoup
aimé les personnages, notamment Dark et sa femme Sibby, sublimée par les
pages et les images. J’ai un peu moins aimé le coup du chantage menée
par le ministre de la défense lui-même… trop gros pour être vraiment
crédible.
Et par contre Sqweegel m’a foutu une putain de trouille d’enfer ! (encore un bon point ^^)
Déjà
rien que par les descriptions manuscrites, on sent une force dans ce
tueur, une folie encore plus exacerbée, une nouvelle intelligence mais
quand on relaye avec les vidéos et qu’on voit son « visage », sa façon
de se mouvoir… on se prend à chercher partout le soir s’il ne serait
pas caché sous le lit ou dans la table de nuit ! Dans l’obscurité, on
croit entendre murmurer « Sqweegel... » et voir une ombre bouger comme un serpent…
Forcément
c’est donc violent, glauque, sombre, les scènes de tortures, viols,
meurtres sont assez nombreuses. Je l’ai lu rapidement (ce qui prouve que
je ne me suis pas fait chier), alors bon c’est peut-être pas le polar
du siècle mais il mérite une lecture même si certains articles diront
que le tueur est trop fantasque pour être réel… après tout c’est de la
littérature pas une étude scientifique, et d’ailleurs, c’est quand même
vachement mieux qu’un mec comme Sqweegel n’existe pas…!

Et puis maintenant, on attend le tome 2 parce que même si pas le policier de l’année, je brûle d’envie de retrouver Dark, son charme particulier et la suite surtout en mode collaboratif grâce aux retours d’internautes et toujours le duo aux manettes.


L'immortel de Richard Berry

L’histoire : depuis 3 ans, Charly Matteï mène une vie rangée. Retraité du milieu marseillais, il a tourné la page et se consacre désormais à sa vie de famille. Mais tout le monde n’est pas d’accord avec sa retraite et, pour certains, il serait mieux à la morgue… et un matin d’hiver, on le laisse pour mort au fond d’un parking de Marseille avec 22 balles dans le corps.
Il revient des enfers et son obsession sera celle de la vengeance.


Inspiré de faits réels, Richard Berry nous offre son deuxième film noir, noir et violent. On retrouve cette façon de filmer, cette lumière, ce jeu des contrastes déjà présents dans La Boîte Noire. Et cette fois, on plonge au cœur du milieu mafieux marseillais. Plus le film avance et plus on se rend compte que Berry s’est rigoureusement documenté, les codes de la pègre locale, son fonctionnement, ses méthodes.
Le casting est à la hauteur de la réalisation. On découvre un Kad Mérad loin de ses habituels rôles de trublion, impeccable, glacial et puissant. Marina Foïs, en flic sur le bord de la frontière, émeut autant qu’elle convainc. Les seconds rôles de Darroussin à Joey Starr en passant par Richard Berry lui-même et toute la bande des truands collent à merveille aux personnages.
Et Jean Reno dans un grand rôle, et pour moi ça fait longtemps qu’il n’en avait pas eu un aussi bon. À la fois touchant et repoussant, froid, dur mais aimant, l’humanité en plein cœur de la cruauté.
Parce que le dernier acteur indissociable du film reste la violence, la vraie. Rien à voir avec des petites bagarres de rue, là on est chez les vrais méchants, ceux qui ne reculent devant rien, employant toutes les méthodes et dont l’imagination fertile penche du côté de l’enfer.
Malgré ma résistance à la violence, j’ai fermé les yeux une ou deux fois pour ne pas voir mais rien n’est exagéré, je sais même que c’est diminué pour avoir vu Richard Berry, en interview, dire que dans la réalité c’est bien pire… Les moments où j’ai fermé les yeux c’est davantage à cause de la manière employée pour faire mal que la violence elle-même.
En dehors de ça, pour moi, on est dans un film choc auquel je n’ai pas cessé d’y penser en rentrant. Noir, bien joué, sur la confrontation des sentiments dans un milieu qui ne le permet pas, milieu extrêmement bien décrit, ce Marseille-là n’est pas celui de Plus Belle la Vie (bon c’était facile je sais ^^). Les critiques sont tellement mauvaises que je me demande si on a vu le même film… Comme quoi toujours se faire sa propre opinion.


Un blues de coyote, ou quand un totem investit votre vie.

Sam Hunter est une énigme pour tout le monde, mais il s’en moque, car tout réussi à cet agent en assurance. Jusqu’à ce que son passé resurgisse, ce passé qu’il avait caché à tout le monde, un passé qu’il avait presque oublié. Ce passé lui revient en pleine poire à travers Coyote, et ce bonhomme amène bien plus de problèmes avec lui que de solutions…

Heureux hasard, ce n’est pas du tout ce livre que je recherchais (j’avais seulement en tête un roman policier contenant le mot Coyote dans le titre). Ce livre est une bouffée d’air frais, déjà ne vous fiez pas à la collection, je ne comprend pas trop pourquoi il est classé dans une collection policière, et même thriller. C’est avant tout une comédie fantastique, avec un petit côté “légende” pas piqué des hannetons.

Le livre se lit tout seul, il y a même un petit côté “livre de plage”, le fait que je l’ai lu pendant mes vacances n’est peut-être pas étranger à cette impression. C’est un road-movie américain burlesque auquel on est convié. L’opposition entre Sam et Coyote est très drôle, de même que la vision de Coyote du monde moderne. Pour le côté policier, la découverte du passé de Sam est prenante et tiens le lecteur en haleine. De plus, quelques petites réflexions sur le racisme et l’amérique profonde émaille le livre, ce qui n’est pas pour me déplaire.

On pourrait rapprocher ce roman d’Anansi Boys de Neil Gaiman pour le côté “les Dieux vivent parmi nous, mais ne comprennent rien à ce qui se passe”. Même si le traitement est quelque peu différent, L’humour et le décalage sont toujours aussi présent. En bref, un bon livre qui vous fera passer un moment, peut-être pas inoubliable, mais néanmoins très agréable !!!

Leblues du coyote de Christopher Moore, éditions Folio Policier, 8€10.


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