Live Report Tagada Jones à Milhaud (30)

Le froid s’est installé confortablement dans les terres languedociennes… Doucement, sans faire de bruit, il est venu s’inviter à sa manière dans le Rakan Fest de Milhaud à quelques minutes de Nîmes. Comme si les bretons des Tagada Jones l’avaient discrètement glissé dans leurs valises pour nous le balancer fougueusement sans regret.

                                 

Nous aurions du assister pleinement à cette chaude soirée organisée par Rakan Musiques. « Nous aurions du » , notez bien l’usage du conditionnel, car finalement nous sommes arrivés malheureusement en fin de soirée de ce Rakan Fest qui proposaient une affiche punk/métal/rock avec Poutre, Craven, 10 Rue D’La Madeleine et les enragés du Tagada Jones.
La faute à une bête erreur d’itinéraire qui a poussé à faire trois fois plus de kilomètres que prévu… mais heureusement que la chance a finit par nous sourire, nous n’avons cependant pas perdu une miette du show Tagadesque.

Les prestations scéniques des Tagada ne sont plus à présenter : avec des brulots tels que Le Feux aux Poudres, L’envers du Décor et Manipulé, impossible de laisser la part au doute. La fougue, la puissance, l’hystérie dégagées par le groupe sonnent comme une terrible explosion sonore, mêlant hardcore, métal, punk, électro comme un simple cocktail de revendications sociales et musicales. Hors les mois précédents ont malheureusement fait ressentir les premières limites d’un groupe que l’on annonçait au sommet de sa forme : côté studio d’abord, avec le très décevant Les Compteurs à Zéro sorti en 2008, et enfin avec le départ de Gus (voix et samples) non remplacé, qui enlève un part d’identité au groupe.

Alors forcément avec une telle mise dans le contexte, c’est à la fois perplexe et excité que nous attendions LE groupe de ce Rakan Fest. Du monde, mais pas de quoi afficher complet : l’innovante salle des fêtes de Milhaud a de quoi rendre jaloux les plus célèbres salles de concert de la région : de l’espace, un matos neuf, un son net et sans bavure, une configuration parfaite pour accueillir des artistes de tous styles… Après s’être égarés, les guitares rugissantes et saturées envahissent la scène, le show va pouvoir enfin commencer.

C’est avec violence et envergure que le groupe lance la charge : panneaux lumineux et clignotants affichant symboles et numéros à l’image du dernier skeud Les Compteurs à Zéro, jeux de lumière, ambiance saccadée pour ouvrir le bal : Camisole et La Solution sont les deux premiers morceaux choisis. Cette ouverture plus orientée punk/rock laisse le public à ses doutes, l’entrée en la matière parait presque ratée. Le départ de Gus se fait déjà sentir : on ne peut plus faire à quatre ce que l’on faisait à cinq : Niko se laisse aller, chante beaucoup plus, sa voix est nettement mise en avant alors que les guitares autour de lui sonnent creux… Il manque ces coups de buttoirs, ces samples, ces terribles rythmiques hardcore qui faisaient un ravage quelques années auparavant.

Ce début manqué va toutefois se faire rapidement oublier : {‘DaBLJU:} (à comprendre W Bush) , titre phare du mémorable et album référence L’envers du Décors, vient mettre tout le monde d’accord… on retrouve enfin ce que les Tagada nous avaient habitué auparavant. Désobéir vient ralentir la frénésie pour laisser sa place à Pavillon Noir et Combien de Temps Encore ? Ô combien violents. On apprécie sincèrement la volonté du groupe à croiser ses expériences sonores à travers ses différents opus, mais à chaque fois que la mayonnaise semble prendre un grain de sel coince la machine.

Les deux morceaux suivants, Une Fois de Trop et D.I.Y, bien qu’avec des textes incisifs, manquent clairement de puissance : on retrouve plus un rock alternatif bien huilé qu’un punk sale rencontrant des subtilités électroniques… Nouveau coup de pompe dans la salle.

Ce jeu du yo-yo va être de mise toute la soirée. C’est presque comme un cheveu sur la soupe qu’arrive le track le plus célèbre du groupe, Manipulé. Profitant à nouveau d’une salle surchauffée, les Tagada passent à la vitesse supérieure et se mettent à enchainer les morceaux de volée : Cargo, Thérapie, A Qui la Faute, Eco War assomment un public qui n’était visiblement pas prêt à subir un tel affront. Le métal rencontre l’électro, les mélodies sont fluides, les influences punk indéniables, la voix rocailleuse de Niko donnent un énième souffle, ça transpire la sueur et la hargne ! Sarko, les OGM, le capitalisme, le réchauffement de la planète, l’égoïsme de l’homme, tout y passe… des paroles que l’on aimerait entendre plus souvent.

Enfin remis de nos émotions, les Tagada, sans surprise vu le déroulement de la soirée, nous proposent un fin de set en alternance avec des morceaux de la dernière galette : A Force de Courir (moyen) et un Garde à Vue assez détonant. Entrecoupé du dynamiteur Le Feu aux Poudres, c’est dans un fracas sonore que s’achève ce show très carré.

                        

L’heure du rappel a sonné, on se dirige lentement mais sûrement vers la fin de ce Rakan Fest. Un retour fracassant qui va enfin créer l’unanimité : les Tagada Jones nous ressortent des morceaux mythiques (pour groupes mythiques) des perles du bon vieux punk français. Reprises de Jouer avec le Feu des Shériff, Quelle Sacré
Revanche
d’OTH, et enfin Hommage à Parabellum. Comme pour sacraliser cette union, ô quelle bonne surprise, le groupe finit avec Hold Up (issu du premier album en 1995), de Plus de Bruit (1998) et Violence, contre la connerie du hooliganisme dans les stades. Un bon vieux retour aux sources inattendu qui en aura rassasié plus d’un : les Tagada Jones ont mieux fini que commencer.

Il est clair que le dernier album Les Compteurs à Zéro avait été cueillis à froid par la critique, malheureusement la performance live rattrape peu les bonnes convictions des Tagada. Heureusement que les morceaux des précédents skeuds nous montrent qu’ils savent toujours chauffer à blanc une salle en furie, mais l’on ressort malgré tout avec le sentiment d’avoir assisté à un show en montagnes russe, alternant le bon… et le moins bon.



LE CONCERT DANS LE DÉTAIL

Tête d’affiche : Tagada Jones
Durée Tagada Jones : 1h30
Premières parties : Poutre, Craven, 10 Rue D’La Madeleine
Durées : 45 min Poutre // 45 min Craven // 1h15 10 Rue D’La Madeleine
Date : Samedi 7 Novembre 2009
Heure : 19h
Lieu : Salle des Fêtes
Ville : Milhaud (10 min de Nîmes, Gard)
Dans le cadre de : Rakan Fest

Set List : Camisole, La Solution, {‘DaBLJU:}, Désobéir, Pavillon Noir, Combien de Temps Encore ?, Une Fois de Trop, D.I.Y., Un Kulte, Manipulé, Cargo, Thérapie, A Qui La Faute, Eco War, A Force de Courir, Le Feu aux Poudres, Garde à Vue
Rappel : Jouer avec Le Feu, Quelle Sacré Revanche, Hommage à Parabellum, Plus de Bruit, Hold Up, Violence

Egalement disponible sur Le Musicodrome et Discordance.fr

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2 réponses à “Live Report Tagada Jones à Milhaud (30)

  1. @ Rael Alors si je peux te conseiller, je viens de voir sur Deezer les cd’s proposés… Il y a les deux meilleurs de leur discographie…Si on classait par qualité :- L’envers du décors (2003)- Manipulé (2001)- Le Feu aux Poudres (2006)3 albums résolument différents, ça c’est sûr, mais Le Feu aux Poudres est trop monotone à mon goût…Ca te donnera un bel aperçu. Je te conseille pas Les Compteurs à Zéro (200, assez raté !

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