Le tueur de Martina Cole

Le tueurGrantley, banlieue de Londres, 1989/1990. La police est sur les nerfs, deux femmes violées puis assassinées – pas forcément dans cet ordre-là d’ailleurs – en quelques jours. Elles n’ont à priori rien en commun, une trentenaire mariée et mère de famille et Mandy Kelly, une petite jeunette, fille d’un parrain du coin.

La menace d’un nouveau crime de l’éventreur de Grantley plane. Kate Burrows, inspecteur dans un milieu archi-saturé d’hommes, cherche à tout prix une piste. Elle va rencontrer Patrick Kelly, une attirance irrésistible va les pousser dans les bras l’un de l’autre.

L’exemplaire que j’ai lu est une réédition au Livre de Poche, sa couverture ne laisse place à aucun doute, aucune supposition, on est bien dans un polar. La première édition (dont vous pouvez voir la couverture ci-dessous) est bien loin de ce que reflètent vraiment le bouquin… et je plains les lecteurs et lectrices un peu fleur bleue qui s’attendait à un gentil suspense parsemé d’une belle histoire d’amour.

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Ça, c’est fait ^^

Car Le tueur de Martina Cole met en scène un des tueurs les plus horribles que j’ai pu rencontrer jusqu’à présent. George Markham est machiavélique, pervers, terrifiant, obscur, fasciné par la mort et traumatisé. Dès les premières pages, l’auteur nous dévoile son identité laissant deviner que le roman ne s’axera pas uniquement sur l’enquête de police.
En effet, Le tueur est un livre incroyablement dense de 764 pages où l’on suit plusieurs personnages : George Markham, Kate Burrows, Patrick Kelly pour les principaux, Elaine Markham, Edith, Willy, Dan Burrows, Lizzy la fille de Kate… Martina Cole a la particularité de présenter ses personnages secondaires avant qu’ils entrent en scène dans l’histoire principale, elle nous raconte des anecdotes sur leur passé, sur leur famille, qui ils sont et comment ils se retrouvent mêlés à l’histoire. Ça enrichit énormément le récit mais je comprends que ça puisse gêner certains lecteurs qui aiment aller dans le vif du sujet.
Les descriptions des personnages ou des lieux sont donc très détaillées et permettent de s’immerger totalement dans l’histoire. L’auteur n’hésite pas à nous faire suivre un des trois personnages sur plusieurs pages ou un des personnages secondaires pour après revenir à la trame centrale.

J’ai bien aimé les personnages en particulier Kate Burrows et sa maman, Patrick Kelly, son chauffeur Willy, ainsi que Caitlin l’inspecteur qui travaille avec Kate. Quant à George, on le suit pendant de nombreuses pages, avant ses crimes, pendant et après, et également en 1948 quand il était enfant. Ce qui est sûr, c’est que George Markham est un incroyable salopard qui déteste les femmes, d’emblée, il terrifie le lecteur par ses pensées et ses actes. Plus il prend de l’assurance, pire sont ces crimes. C’est d’ailleurs une chose que je voulais souligner, les crimes de Markham sont aussi détaillés que le reste, l’auteur n’épargne pas le lecteur, elle décrit sur plusieurs paragraphes comment il tue et comment il viole… de ce fait, ce n’était pas toujours facile à lire.
D’autre part, on découvre l’enfance de George Markham, troisième enfant d’une mère timbrée, prostituée, pédophile, elle vendait George à des hommes pour se faire quelques ronds en plus. Ces passages-là sont également durs à lire, d’autant plus qu’ils peuvent nous faire ressentir une certaine empathie pour Markham. On ressent plusieurs fois des sentiments contradictoires envers ce personnage, on passe de l’un à l’autre en fonction de ces actes et même si on peut être compatissant par rapport à son enfance, le sentiment qui prédomine est celui de l’aversion.

C’est un livre qu’on a envie de lire, c’est bien écrit, et on a envie de poursuivre l’aventure de tous ces personnages, bien sûr on souhaite que Kate mette fin aux crimes de Markham, que son histoire compliquée avec Patrick Kelly perdure.
Il y a autre chose qui m’a fait tilter tout au long de la lecture, l’emploi d’expressions totalement ringardes aujourd’hui : « je te passe un coup de bigo » ou « dacodac », ce n’est pas du tout gênant mais ça m’a marqué car cela ancre véritablement le roman dans les années 90.

5 réponses à “Le tueur de Martina Cole

  1. Martina Cold fait surtout dans le sordide : milieu défavorisé, prostitution, etc il y a souvent dans ces livres cette ambivalence entre vouloir hair le tueur mais aussi le plaindre.

  2. @ Dorsimont : oui c’est vrai, j’ai pourtant l’habitude des thrillers mais là ça va assez loin…

    @ Quicaille culture : de rien, c’est avec plaisir, revenez nous dire ce que vous avez pensé du bouquin ! 🙂

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